Trois jours seulement après le HELLFEST, me revoici à nouveau sur la route avec mon pote Cédraak pour ma destination préférée : Barcelone. La cité catalane est noyée par le soleil et le quartier du Poble Sec nous accueille dans la fraîcheur de ses ruelles. Juste le temps pour nous d’avaler deux bières et un burger à tomber par terre de bonheur à proximité de l’Apolo, avant d’attaquer les côtes de la colline de Monjuic, direction le Palau Sant Jordi.

Immense palais des sports de plus de 20 000 places, cet ovni planté face au stade olympique accueille ce soir un monument du Hard Rock, « The Highest Band In The World …. KISS » !
Les immenses new-yorkais sont en Espagne pour trois dates, et deux jours après avoir atomisé Madrid, voilà les quatre héros masqués en Catalogne pour une nouvelle nuit de folie. Il est près de 18 h et les portes de la salle sont déjà ouvertes. Rien d’étonnant me direz-vous quand on connaît le sens des affaires de la paire Simmons – Satanley, et à peine dans le hall d’entrée, nous voilà scotchés aux stands de merchandising. Tee shirts en tous genres, tour-programs dédicacés, la KissMania fonctionne toujours à plein régime avec comme nouveauté de plus en plus répandue dans les gros évènements, la clé USB chargée du show de la soirée en format mp3 dès la fin du concert pour … 25 euros. Y’a pas de petit profit, et en plus, on adore ça … et on repart en direction du bar affublés de nos superbes tee-shirts KISS, pas peu fiers de porter les couleurs de nos héros.
19h30. IMPERIAL STATE ELECTRIC monte sur les planches, dans un décor pour le moins dépouillé. L’énorme structure du show de KISS est recouverte de draps noirs et occupe la majorité de l’espace et le combo suédois doit se contenter de deux baffles de part et d’autre du drumkit posé à même le sol.
Il en faudrait plus pour décontenancer l’ex-HELLACOPTERS Nicke Andersson et ses comparses, qui lâchent les chevaux dès les premiers accords. Bien que mal servis par la sono, loin d’être poussée au maximum, et par des lights minimalistes et peu efficaces (les larges baies vitrées ouvertes sur l’extérieur laissent passer les rayons du soleil rasant du soir), le combo balance son Sleaze-rock estampillé « Made in Stockholm » à la face d’un public qui garni déjà copieusement la fosse. Dans les gradins, l’écho généré par la faible puissance de la sono ne permet pas de plonger à fond dans la musique du groupe, et ce n’est que l’arrivée sur scène de Dregen, guitariste des BACKYARD BABIES en guest – star pour deux titres survitaminés qui me sort de ma torpeur.
Le temps file et après 40 minutes, le groupe quitte la scène sous les applaudissements d’un public venu pour une seul et unique raison : KISS ! Il est 21 heures lorsque les lights s’éteignent à nouveau tandis qu’un grondement monte dans la sono. Les écrans géants placés de part et d’autre de la scène s’allument sur une animation lançant le show. Les quatre musiciens en taille « king size » investissent les rues de la ville avant q’on les retrouve dans un montage backstage en compagnie de leur manager, le fameux Doc Mc Ghee, et un speaker apparaît sur l’écran, nous saluant avant de lancer le fameux : « You wanted the best ? You got the best. The highest band in the world … KISS ! ».
Explosions en série, le Palais Sant Jordi tremble sur ses fondations et le rideau géant masquant la scène tombe, découvrant Eric Singer et son kit batterie derrière lequel une plateforme amovible s’élève, transportant ses trois compères vers le public. Enorme ! La fosse explose littéralement aux premiers accords de « Modern Day Delilah », Paul ne tient pas en place, Gene nous gratifie de ses légendaires coups de langue et Tommy place des plans solos brillants. Gene lance « Cold Gin » dans la foulée et je défaille. Le bonheur est total et « Let me go, Rock’n Roll » poursuit au même rythme, enchainé à « Firehouse » et « Say Yeah ». Quel pied ! Les fans de tous âges communient dans une ferveur totale. Sexagénaires, quarantenaires, kids, les générations se mélangent et la fête est totale sur « Deuce », qui nous renvoie quelques 36 ans en arrière, en 1974.
« Crazy Nights », « Doctor Love », la suite est tout aussi électrisante et le Starchild joue avec son public, reprenant un air traditionnel espagnol (il avait lancé une Marseillaise improbable au Hellfest) relayé par les 20 000 fans présents conquis. Retour à l’actualité avec un nouveau titre issu de « Sonic Boom », « I’m an animal ». Les morceaux du dernier album s’intègrent parfaitement aux hits de la setlist et lorsque le moment du solo de basse de Gene, tout en fumigènes et lights verts et rouges, mon voisin manque de s’évanouir. Le démon se met à cracher du sang, jauge les premiers rangs d’un regard malsain, et sans crier gare, écarte les bras pour s’envoler dans les airs au dessus de la structure scénique afin de se percher sur une plateforme d’où il lance l’immense « I love it loud » sous les hurlements du public. Carton assuré avant que Paul ne se lance dans un petit intermède en reprenant le sirupeux « Forever ». Le calme ne dure toutefois pas plus de trois minutes et le groupe relance les watts avec un triptyque imparable « Love Gun / Black Diamond / Detroit Rock City » qui fait chavirer la fosse.
Les quatre super héros quitte la scène, feignant de tirer leur révérence pour mieux revenir avec cette fois, Eric Singer en premier plan. Le fabuleux batteur remplit à merveille le rôle tenu en sons temps par Peter Criss et lance le superbe « Beth », avant que Tommy Thayer et Paul Stanley ne portent une première estocade avec un extrait de « Shandi », que l’on n’attendait pas dans ce set.
Arrive enfin la dernière partie du set, et l’intensité monte encore d’un cran. « Lick It Up » est repris par tout le public, Gene n’en finit plus de battre l’air de sa langue, et « Shout It Out Loud » prépare le terrain à l’hymne absolu, « I Was Made For Fovin’ You » qui voit Paul Stanley traverser la salle dans toute sa longueur pendu à un filin, pour atterrir sur une plateforme de l’autre coté de la fosse.
Le délire total qui s’empare des fans me file des frissons et je chavire à mon tour dans la liesse. Paul revient sur scène, envoie un « God Gave Rock’n Roll To You II » fraternel avant que « Rock’n Roll All Nite » et sa pluie de confettis ne portent le coup final d’une soirée extraordinaire. C’est beau, c’est fort, c’est grand, très grand même. C’est KISS, tout simplement, et j’adore ça !
YvesZ.
Setlist KISS :
Modern Day Delilah
Cold Gin
Let Me Go, Rock ’N’ Roll
Firehouse
Say Yeah
Deuce
Crazy Crazy Nights
Calling Dr. Love
Shock Me
I’m An Animal
100,000 Years
I Love It Loud
Forever
Love Gun
Black Diamond
Detroit Rock City
Encore :
Beth
Shandi
Lick It Up
Shout It Out Loud
I Was Made For Lovin’ You
God Gave Rock ’n’ Roll to You II
Rock And Roll All Nite