1er juillet 2010
HOLIDAYS IN THE SUN FESTIVAL - Sète, Théatre de la Mer, France - 1er juillet 2010

SEPULTURA – NAPALM DEATH – WALLS OF JERICHO – EYELESS – BORN TO BRASS

Sète, Théatre de la Mer, France. 1er juillet 2010.

Sète. Son, port, son phare, ses mouettes, Paul Valéry, sa plage si joliment chantée par Brassens, … et son théatre de la Mer. Imposant rempart dominant le grande bleue, ce haut lieu de la culture locale accueille ce soir le festival « Holidays in the Sun ». Organisée par les furieux bénévoles de la TAF (l’Association Tout A Fond de MONTPELLIER pour les non initiés) hors les murs de la cultissime « Secret Place », cette première édition dont on espère qu’elle fera des petits ne fait pas dans la dentelle, avec, à l’affiche deux poids lourds de la scène extrême internationale, SEPULTURA et NAPALM DEATH, accompagnés pour l’occasion des percutants WALLS OF JERICHO et des locaux de EYELESS.

Il est 18h00 quand les portes s’ouvrent sous une chaleur accablante. Le soleil tape fort et l’amphithéâtre en plein air planté face à la mer se remplit progressivement de fans de tout poil. Coreux (et coreuses) savamment tatoués, punks-à-chiens sans chiens, vieux métalleux dégarnis, djeuns gonflés à bloc et déjà dans le pit, l’ambiance est bonne enfant et la première montée de testostérone intervient avec l’arrivée sur scène de la maîtresse de cérémonie, sorte de Cruella emplumée qui harangue la foule et égraine le programme de la soirée en lançant le premier combo à l’affiche, EYELESS.

Les montpelliérains, auréolés du récent « The Diary » lâchent les chevaux à 18h30 pétantes pour 30 minutes d’un Power Métal percutant, oscillant entre MACHINE HEAD et PANTERA. Carton plein pour les cinq forcenés dont on espère que les efforts consentis finiront bien par payer.

Pas le temps de s’endormir au soleil, le premier arrêt au stand s’impose. Les travées intérieures du théâtre étant occupées par le merchandising des groupes, les stands de bouffe et les bars sont installés dehors, sur les hauteurs des gradins. Animés par la fanfare déglinguée des BORN TO BRASS, les deux espaces dédiés sont pris d’assaut tandis que les bénévoles ont toutes les peines du monde à gérer les tireuses à bière, très sollicitées mais que la chaleur contrarie. Pas assez fraîche, la pression mousse, et la mousse, c’est pas bon !

Retour aux premiers rangs pour ne rien perdre de la suite, d’autant que s’annoncent sur scène les furieux WALLS OF JERICHO. Que dire de ce combo sinon que chacune de ses prestations est un bonheur de violence et celle de ce soir ne fait pas exception. Et quel plaisir de revoir la délicieuse Candace et ses quatre bucherons ! Encore électrisé par le show donné en 2009 au Wacken Open Air où le groupe avait ébouriffé plus d’un « mulet », et son show tout en puissance au Hellfest, quinze jours plus tôt, je retrouve donc le combo de DETROIT sur les planches. Dos à la mer, dans un décor tout bonnement exceptionnel, les cinq pistolleros vont assommer le public de leur Hard Core métallique survitaminé et amené par une Candace tout en muscle et en tatouage, visage barré par un sourire éclatant qui en dit long sur le plaisir que sont en train de prendre les musiciens. Ça bastonne, ça riffe, ça blaste et les growls de la belle font mouche tandis qu’elle booste les premiers rangs pour mieux les voir s’écraser dans un pit miniature en ébullition. Le K.O. est atteint sur « Fuck The American Way” qui met tout le monde d’accord et le groupe quitte la scène sous les hurlements de joie du public.

Retour au bar avant le premier des deux gros morceaux de la soirée. Mitch Harris et Danny HERRERA sont déjà face à nous pour un soundcheck express, bientôt rejoints par l’icône de la scène grind-core Shane Embury et l’inénarrable Barney. En quarante minutes, NAPALM DEATH va tout annihiler. Le rouleau compresseur de Birmingham est fidèle à sa réputation et la machine à broyer tourne à plein régime. « Blink Of Extinction », « Unchallenged Hate », « Man’s World », « Scum », « From Enslavement … », « Suffer the Chidren », les tubes ( !) s’enchaînent et la folie s’empare du pit. Barney pogote, éructe, growle, balancent ses ditribes contre la religion, la torture, le fascisme, et nous envoie un « Nazi Punks Fuck Off » boucle avec un « Siege of Power » dantesque. Trop bon, mais trop court. Le sert s’achève et on en redemande tout en sachant que le timing serré ne permet pas plus, et on se rassure en se disant que le groupe sera de nouveau sur la route dans le coin en novembre prochain. En headliner cette fois !

Le soir tombe sur la ville et c’est enfin à 22 h que les lights s’éteignent une dernière fois pour marquer l’entrée en scène de SEPULTURA. Que dire sinon que la simple évocation de ce nom ne manque jamais de me transporter dans différentes époques de ma vie. Mon adolescence avec les « Schizophrenia », « Beneath the remains » et « Arise » et leur thrash assassin et sans concession, mes années « fac » à tailler la route pour voir le combo des frangins Cavalera aux quatre coins de l’Europe au son des fameux « Chaos A.D. » et « Roots », et l’ère « Derrick Greene », lancée à la fin des 90’s et qui a depuis accompagné mon évolution quelques fois chaotique et un brin aléatoire dans la vie ! Que du bonheur, donc, que de retrouver ce soir le combo de Belo Horizonte après leur concert tout en force au Hellfest, et cette fois chez moi, à domicile, dans un des plus beaux cadres pour un show estival !

« A-Lex », « Arise », « Refuse / Resist », le show démarre en trombe et les « Slave New World », Escape to the Void » et autres « Inner Self » font trembler le béton des gradins, déjà mis à mal par un public ravi par la fureur dégagée par les quatre garçons. Et là, un point définitif s’impose. SEPULTURA sans les frangins Cavalera, ça le fait méchamment bien ! Entre la classe d’Andreas Kisser, dont le jeu de guitare, précis et incisif illumine chaque titre, la bestialité de Derrick et un duo basse / batterie parfaitement en place (mention spéciale à Jean Dolabella qui n’a aucun mal à se glisser dans le jeu d’Igor), on se dit qu’on a face à nous une sacrée machine à concasser le granit ! Et ce n’est pas la suite du show qui nous donnera des regrets que la réunion entre les Cavalera, Paolo Jr et Andreas un temps évoquée ces derniers mois, ait capoté ! Certainement pas, vu la cohésion et l’envie d’en découdre affichées par le combo. Après 3 jours de repos passés sur le littoral sétois, les musiciens ont la banane et la proximité du public en rajoute encore à l’enthousiasme avec lequel ils nous livrent chacun de leurs titres.

Et tout ce beau monde de se laisser porter par la douce mélodie samba d’un « Brazil » sur lequel ne manquait que quelques cariocas en bikinis fluo ... ! Géant !

"Rattamahata" puis « Roots Bloody Roots » déboulent en guise de rappel, le millier de fans présents exulte. Le groupe quitte une dernière fois les planches et les lights se rallument sur les mines réjouies d’un public conquis. La douceur de l’air nous ramène tranquillement à la réalité tandis que sur les gradins, un pauvre bougre vomit ses tripes et l’excès de bière tiède. Superbe image s’il en est !

Ce n’est heureusement pas celle-là qui me restera en mémoire à l’évocation de cette soirée, dans le futur, mais bien celle d’un festival totalement inédit dont on espère qu’il fera des petits dans les prochaines années. Bravo encore à la TAF, dont l’ardeur des bénévoles ne faiblit pas au fil des ans et qui possède aujourd’hui un savoir faire sacrément costaud pour nous proposer des affiches toujours plus excitantes.

Une bien belle soirée qu’on pourrait résumer en trois mots : TOUT A FOND !

YvesZ.

Setlists :

WALLS OF JERICHO
01 - The New Ministry
02 - A Little Piece of Me
03 - A Trigger Full of Promises
04 - I. The Hunter
05 - Feeding Frenzy
06 - I Know Hollywood and You Ain’t It
07 - The Prey
08 - All Hail The Dead
09 - The american dream
10 - Revival Never Goes Out of Style

NAPALM DEATH
01 - Strong-Arm
02 - Unchallenged Hate
03 - Suffer the Children
04 - Silence is Deafening
05 - Life and Limb
06 - Diktat
07 - When All is Said And Done
08 - It’s a M.A.N.S. World !
09 - On the Brink of Extinction
10 - From Enslavement to Obliteration
11 - Scum
12 - Life
13 - The Kill
14 - Deceiver
15 - You Suffer
16 - Nazi Punks Fuck Off (Dead Kennedys cover)
17 - Siege of Power

SEPULTURA
01 - A-lex IV
02 - A-lex I - Moloko Mesto
03 - Arise
04 - Refuse Resist
05 - Dead Embryonic Cells
06 - Filhty Rot
07 - What I Do
08 - Convicted In Life
09 - Attitude
10 - We’ve Lost You
11 - Treatment
12 - Troops Of Doom
13 - Septic Schizo / Escape To The Void
14 - Sepulnation
15 - Slave New World
16 - Territory
17 - Inner Self
18 - Ratamahatta
19 - Conform
20 - Roots Bloody Roots

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